Le Projet BAMiSA au fil des jours 

bamisa

document 09a

novembre 2021

Le Projet BAMiSA est maintenant riche de nombreuses façons de mettre en œuvre la lutte contre la malnutrition aux différents âges de la vie. Nous avons donc pris l’initiative d’ouvrir une sorte de ‘’Blog’’ sous forme de ce nouveau document pour permettre le partage des initiatives autour du Projet Bamisa, que ce soit dans le domaine de la prise en charge préventive ou curative des enfants malnutris, de l’éducation nutritionnelle, ou de la production artisanale de farine.

Ce ‘‘Blog’’ est destiné à recueillir les informations envoyées par les acteurs du Projet BAMiSA à propos de leurs activités.

Programme « Urgence Malnutrition »,
Cycle 6  « 7 Janvier – 21 Juillet 2021 »

CSPS du secteur 21, Ouagadougou,
Association Laabo Biiga,

ANALYSES DES RÉSULTATS PAR L’APPB

Version du 05 11 2021

Bien que le projet BAMiSA n’ait pas pour objectif la prise en charge des enfants sévèrement malnutris sans complication, les bons résultats du cycle 5 du Programme Urgence Malnutrition (PUM), mené par l’Association Laabo Biiga au CSPS du secteur 21 de Ouagadougou ont conduit à poursuivre ce travail par un sixième cycle. Les résultats de ce sixième cycle sont analysés ici.

L’association Laabo Biiga a rédigé un « Bilan du cycle 6 »(1), comme elle l’a fait pour les cinq cycles précédents. L’APPB complète ce bilan en introduisant d’autres outils d’analyse.

L’APPB souhaite montrer que le travail réalisé au secteur 21 en faveur d’enfants sévèrement malnutris mérite l’attention des acteurs de la lutte contre la malnutrition.

Le bilan de l’association Laabo Biiga et ce travail d’analyse ont été réalisés à partir des relevés anthropométriques poids, taille et PB de Mme Justine Sawadogo, infirmière retraitée qui anime ce Programme Urgence Malnutrition.

Le recrutement des enfants est fait parmi les enfants du quartier âgées de plus de six mois, sur le critère « PB dans le rouge ». Les enfants de moins de six mois ont été recrutés en raison de leur état de dénutrition, de celui de leur mère et du manque de lait maternel. Leur prise en charge ne pouvait attendre le début du cycle suivant.

Les enfants bénéficient des soins du CSPS qui abrite ce PUM.

Les dates de naissances sont celles mentionnées sur le carnet de santé de l’enfant.

Comme le montre ce 6ème cycle Urgence Malnutrition, le protocole utilisant la BCL additionnée d’HPR améliore beaucoup les périmètres brachiaux, les poids et même les tailles des enfants, même si elle ne permet pas de les remettre tous, au bout de six mois, dans la courbe médiane. Cette solution est de mise en œuvre simple, et est bénéfique en matière de développement durable. Nous encourageons vivement la poursuite de programmes tels que PUM de Laabo Biiga, au bénéfice d’enfants ‘’hors d’atteinte’’ des Programmes menés par les grandes institutions.

(1) Ce document est reproduit dans le Document 09a - Le projet BAMiSA au fil des jours.

  1. Références anthropométriques

1.1. Lecture selon la couleur du Périmètre Brachial.

Le « Bilan du cycle 6 » rédigé par l’association Laabo Biiga, se réfère à la couleur donnée par le bracelet de mesure du PB, selon les références habituelles, sans prise en compte de l’âge ni du sexe.

Références utilisées par Laabo Biiga

Ces références de base ont été utilisées pour dépister et suivre les enfants tout au long du Programme.
Les enfants dans le rouge sont considérés comme malnutris aigus sévères (MAS), les enfants dans le jaune comme MAM, et les enfants dans le vert comme non malnutris.
Ce « Bilan du Cycle 6 » de l’association Laabo Biiga, ajoute la couleur bleue pour les enfants au-dessus de 13,5 cm de PB, considérés comme ‘’hors de danger’’.

1.2. Lecture selon le Z-score Périmètre Brachial/Age/sexe

L’APPB analyse le PB selon les courbes de l’OMS qui donnent le Z-score en fonction de l’âge et du sexe. Cette façon d’interpréter le PB permet une meilleure appréciation de l’état nutritionnel et un meilleur suivi.

Courbes OMS de Z score pour le PB, selon l’âge et le sexe

Dans le tableau synthétique des données, en fin de document, les PB supérieurs à -1 Z sont en vert, les PB compris entre -1 et -2 Z sont en jaune, les PB compris entre -2 et -3 Z sont en rouge. Nous ajoutons une catégorie rouge foncée pour les PB compris entre -3 Z et -4 Z, et une catégorie noire pour les enfants en dessous de -4 Z.

Ces différences de lectures du PB entre le bilan de l’association Laabo Biiga et l’analyse de l’APPB expliquent des différences de couleur données aux mesures du PB.

1.3. Z-Score Poids pour Age

L’APPB se réfère au Z-Score Poids pour Age, selon le sexe, en utilisant les courbes OMS. Le code couleur Z-Score Poids pour Age est le même que celui du Z-score PB pour Age.

1.4. Z-Score Taille pour Age

Idem 1.3.

1.5. Prise de poids en grammes par Kg et par jour.

La prise de poids par jour, rapportée au poids de l’enfant en début de Programme, permet une bonne évaluation de l’efficacité du protocole de rattrapage de poids. Calculée en g/Kg/j, la prise de poids permet de comparer plus facilement les cycles.
Pour évaluer la prise de poids/Kg/jour d’enfants traités en ambulatoire, sur une durée de 6 mois, l’APPB propose la grille ci-dessous, selon l’âge et le statut nutritionnel de l’enfant. Le sexe n’est pas pris en compte.

Age en mois

Statut nutritionnel de l’enfant

Non malnutri : > -1 Z

MAM Entre -1 et  -2 Z

MAS En dessous de -2 Z

4 à 6 mois

≥ 1,50 g/kg/j

≥ 3 g/kg/j

≥ 4,50 g/kg/j

6 à 8 mois

≥ 1,15 g/kg/j

≥ 2,30 g/kg/j

≥ 3,45 g/kg/j

8 à 10 mois

≥ 1 g/kg/j

≥ 2 g/kg/j

≥ 3 g/kg/j

10 à 12 mois

≥ 0,85 g/kg/j

≥ 1,70 g/kg/j

≥ 2,55 g/kg/j

Plus de 12 mois

≥ 0,75 g/kg/j

≥ 1,50 g/kg/j

≥ 2,25 g/kg/j

Tableau 1. Objectifs APPB de prise de poids par Kg et par jour,
en fonction de l’âge et du statut nutritionnel.

Cf. « La malnutrition, la voir et la combattre », Document 07b www.bamisagora.org

NB. Dans le petit manuel « Soins hospitaliers pédiatriques, Prise en charge des affections courantes dans les petits hôpitaux », Edition OMS 2007, page 217, les objectifs de ’’Rattrapage de croissance’’ sont beaucoup plus élevés. Ces objectifs OMS s’appliquent à des enfants sévèrement malnutris, hospitalisés en service spécialisé pour les premiers jours de soins intensifs. Ces objectifs ne sont pas applicables au PUM puisque les condition de prise en charge des enfants sont différentes.

Prise de poids
Calculée sur 3 jours

Qualité

Conduite à tenir

< 5 g/Kg/j

Faible

L’enfant nécessite une réévaluation complète

5 à 10 g/kg/j

Modérée

Vérifier si les cibles de l’apport alimentaire sont atteintes ou si une infection n’est pas passée inaperçue

> 10g/kg/j

Bonne

Continuer

Tableau 2. Objectifs OMS de prise de poids par Kg et par jour,
pour les enfants traités en soins nutritionnels intensifs

2. Protocole nutritionnel du PUM

Les enfants ont reçu quotidiennement des Bouillies Concentrées Liquéfiées (BCL) BAMiSA préparées à domicile selon la ‘’Recette 1+2+3’’ : 1 volume de farine + 2 volumes d’eau + 3 pincées de malt. Les mères ont été formées à la préparation des BCL à domicile. :
Pour améliorer encore les résultats du cycle 5, le protocole du cycle 6 a été renforcé en ajoutant de l’Huile de Palme Rouge.

En ce qui concerne les quantités de bouillies, le protocole a été identique au protocole du cycle 5, soit

  • Phase 1 : 3 BCL/jour, pendant 3 mois (12 sachets BAMiSA/mois, soit 36 sachets)
  • Phase 2 : 2 BCL/jour, pendant 2 mois (8 sachets BAMiSA/mois, soit 16 sachets)
  • Phase 3 : 1 BCL/jour, pendant 1 mois (4 sachets BAMiSA pour un mois)

Soit 56 sachets/enfant. Au total pour ce cycle 2 520 sachets ont été distribués.

Les enfants ont consommé une cuillerée à soupe d’HPR de 10 ml, à chaque bouillie.
En raison d’un retard d’approvisionnement, l’ajout d’HPR n’a pu commencer qu’à J 61 (le 11 mars).

NB. Le protocole est décrit dans le Document 07h - Contribution du Projet BAMiSA au traitement des MAS.

3. Déroulement du cycle 6

Cette prise en charge est organisée dans le local de l’association Laabo Biiga, situé dans la cour du CSPS du secteur 21. Les enfants sont tous suivis en externe. Les personnes qui animent ce PUM sont bénévoles et travaillent en collaboration avec le personnel médical du CSPS qui participe au suivi anthropométrique.

45 enfants ont été pris en charge : 4 enfants de plus de 2 ans, 32 enfants entre 6 mois et 2 ans, et 9 enfants de moins de 6 mois. (Le cycle 5 avait aussi inclus 45 enfants mais n’avait inclus que des enfants entre 6 mois et 2 ans).

La durée de prise en charge des 45 enfants a été de 182 jours pour 28 d’entre eux, de162 jours pour 8 autres et 168 jours pour les 9 enfants de moins de 6 mois.
Pour les enfants de moins de 6 mois, ce sont les mères qui ont mangé les bouillies et l’HPR jusqu’à ce que leur enfant ait 6 mois, ceci dans l’esprit du Programme UNICEF des 1000 Premiers Jours.

Le critère d’inclusion des enfants était un PB inférieur à 11,5 cm, c’est à dire en zone rouge du bracelet (deux enfants à 11,6 cm aussi été inclus), sans tenir compte de leur âge.

Le suivi a été régulier, tous les 15 jours : Mesure du Périmètre Brachial (PB), du poids et de la taille et inscription des évènements éventuels

A l’occasion de ce suivi, les familles reçoivent la quantité de sachets de farine BAMiSA et d’HPR nécessaire pour les 15 jours suivants.

Aucun enfant n’est décédé. Il semble qu’ils aient été peu malades pendant la durée du Programme. Il n’a pas été signalé de diarrhée. Seuls deux enfants ont eu un accès de fièvre (n° 4 et 25) et un enfant semble avoir une pathologie chronique (n° 15). Il n’y a pas eu d’abandon.

4. Analyse des données par l’association Laabo Biiga

Cf. document ‘’Programme Urgence Malnutrition, Bilan du cycle 6’’.

5. Analyse des données par l’APPB

Dans leur ensemble, il s’agit d’enfants souffrant de grave ou très grave malnutrition, comme en témoignent leur PB, poids et taille à - 2, - 3, - 4 Z. Parmi les enfants de moins de 6 mois, certains étaient vraisemblablement prématurés ou hypotrophes. C’est peut-être aussi le cas d’enfants de plus de 6 mois.

5.1. Le Périmètre brachial selon le Z-score

En début de cycle, selon le Z-Score PB/âge/sexe, 11 sont en zone rouge, 16 en zone rouge foncé et 9 en zone noire (PB des 36 enfants de plus de 6 mois, les PB des 9 enfants de moins de 6 mois n’ayant pas été relevés).
En fin de cycle, malgré leur état de départ, 21 enfants ont réussi à atteindre la zone verte pour leur âge, les autres atteignant la zone jaune. Un seul est resté en zone rouge (n°24, le plus âgé).

5.2. Le poids

En début de cycle, l’analyse selon le Z-score Poids/âge/sexe montre également la sévérité de la malnutrition de ce groupe d’enfants.
Seuls 5 enfants sont entre -2 et -3 Z-score, les 40 autres sont en dessous de -3 Z-score et plusieurs à -4, voir -5 Z-score.
En fin de cycle, 5 enfants réussissent à être au-dessus de -1DS. 15 enfants sont encore à -3 DS ou en deçà.

5.3. La taille

Tous les enfants ont un retard de taille, 15 enfants sont même en zone noire parmi les 36 enfants de plus de 6 mois.

Les 3 enfants les plus âgés ne rattraperont pas leur retard de taille, alors que la plupart des enfants gagneront 1 ou 2 Z-score.

5.4. Prise de poids en grammes par Kg et par jour.

Pour la tranche d’âge 6 mois à 2 ans, la prise de poids par Kg et par jour a été de 3,00 g/Kg/j. Pour les plus de 2 ans, elle a été de 2,51 g/Kg/j. Et pour les moins de 6 mois, elle a été de 5,03 g/Kg/j.

Les résultats du PUM n°6 dépassent les objectifs que nous proposons tableau 1.

A propos des enfants du cycle 6

Les références anthropométriques utilisées sont établies sur des enfants nés à terme. L’examen des résultats évoque un recrutement possible d’enfants prématurés et/ou hypotrophes. Les enfants de moins de six mois ont une taille d’enfants nés prématurés.

COMPARAISONS

6. Comparaison avec le cycle n°5

Il s’agit en effet de savoir si l’ajout d’HPR aux bouillies s’est traduit par une amélioration des résultats. En effet, selon le bilan Laabo Biiga ‘’Le comparatif entre le cycle 5 et le cycle 6 laisse apparaitre un net recul de résultats’’. La comparaison des poids selon les Z-score et des prises de poids moyennes donne une appréciation plus positive.

6.1. Comparaison selon le Z-Score Poids/âge,

Les valeurs du cycle 5 sont reprises du document « Cycle 5 Analyse APPB », (Disponible sur demande).

En début de cycle 5, on note : 4 noir, 21 rouge foncé, 18 rouge, 1 jaune et 1 vert

En début de cycle 6, on note : 22 noir, 15 rouge foncé et 8 rouge.

Au bout de 6 mois

En fin de cycle 5, on note : 0 noir et rouge foncé, 13 rouge, 25 jaune, 6 vert et 1 perdu de vu

En fin de cycle 6, on note : 4 rouge foncé, 11 rouge, 25 jaune et 5 vert

Tableau 3. Evolution du nombre d’enfants selon leur Z-Score Poids/âge.

Dans le cycle 6, 37 enfants très sévèrement malnutris (-3 et -4 Z) ont été pris en charge. Ils étaient 25 dans le cycle 5.

En fin des cycles, des résultats sont très proches pour les deux groupes.

Ainsi, le rattrapage de poids apparaît significativement plus important pour les enfants du cycle 6 que pour ceux du cycle 5.

6.2. Comparaison selon le gain de poids moyen

Le gain de poids moyen des enfants du cycle 5 est de 2,37 Kg.
Le gain de poids moyen des enfants du cycle 6 est de 2,98 Kg.
L’amélioration moyenne pour le cycle 6 est donc de 0,61 Kg, soit 100 g de plus par mois par rapport aux enfants du cycle 5.
Ce mode de comparaison montre également une amélioration significative.

6.3. Comparaison selon la prise de poids moyenne en grammes par Kg et par jour.

Les enfants du Cycle 5 âgés de 6 mois à 2 ans ont grossi de 1,98 g/Kg/j.
Les enfants du Cycle 6 âgés de 6 mois à 2 ans ont grossi de 3,00 g/Kg/j.
Les enfants du Cycle 6 âgés de plus de 2 ans ont grossi de 2,51 g/Kg/j.
Les enfants du Cycle 6 âgés de moins de 6 mois ont grossi de 5,03 g/Kg/j.

La prise de poids moyenne en g/Kg/j  du cycle 6 dépasse les objectifs que nous proposons au paragraphe 1.5. Rappelons que pour le cycle 5, la prise de poids en g/Kg/j n’atteignait pas ces objectifs, ce qui avait motivé l’adjonction d’HPR.

Ce mode de comparaison confirme que le protocole 6 est préférable au protocole 5.

7.  Comparaison avec le protocole ATPE

La confrontation des résultats du protocole PUM au protocole validé OMS/UNICEF utilisant des Aliment Thérapeutiques Prêts à l’Emploi (ATPE) dans les mêmes conditions de traitement ambulatoire, nous parait nécessaire pour pouvoir valider ou non le protocole PUM. Nous ne disposons pas de telles études pour établir des comparaisons.

ASPECT FINANCIER

La prise en charge des enfants sévèrement malnutris fait appel à des Aliments Thérapeutiques Prêts à l’Emploi, selon les protocoles OMS-UNICEF. Les PUM ne sont pas concernés par les distributions gratuites d’ATPE. Les PUM se présentent donc comme une alternative, mais une alternative à la charge de petites associations de Solidarité Internationale dont les budgets sont extrêmement limités.

Le coût de ces PUM se résume à l’achat de farine et, depuis le cycle 6, d’HPR. Tout le reste est assuré bénévolement par l’équipe locale de l’association Laabo Biiga, en particulier Mme Justine Sawadogo et le personnel du CSPS.

Ce coût a donc été,
Pour la farine : 56 sachets x 650 F x 45 enfants = 1 623 375 F
Pour l’huile : 312 500 F
Soit un total de 1 935 875 F (2 951 €) pour 45 enfants.
Ou 43 000 F par enfant (65,6 €)pour 6 mois de prise en charge

Une comparaison avec le coût de la prise en charge par des structures dédiées en incluant le prix des ATPE fournis par les organismes d’aide serait utile.

Un autre aspect financier doit être abordé. En effet, les PUM injectent de l’argent directement dans l’économie locale agricole et de transformation. Le recours aux ATPE bénéficie à l’économie agro-industrielle, en particulier à celle du Nord, même si certains pays du Sud fabriquent des ATPE. Ce questionnement interroge les politiques de développement, interroge le commerce international, interroge les organismes et ONG dans leur engagement à soutenir ou non l’autonomie des populations.

QUESTIONNEMENTS

Il s’agit de savoir si le protocole de prise en charge des enfants par les BCL additionnées d’HPR tel que le met en place l’association Laabo Biiga, est efficace et peut être une alternative aux programmes utilisant des ATPE.

Est-il réaliste d’inscrire tous les enfants malnutris dans des protocoles faisant appel à des aliments de l’agro-industrie comme les ATPE ? Est-il plus réaliste de prévenir la malnutrition grâce aux BCL et de les traiter par des protocoles utilisant des produits locaux et en assurant l’éducation nutritionnelle des familles?

L’adjonction d’HPR dès les premiers jours du cycle 7 pourra-t-elle accélérer encore le rattrapage des enfants malnutris ? La Vitamine A apportée par l’HPR est-elle un facteur déterminant de rattrapage et de protection contre les infections ? Pourrait-on améliorer encore les apports de minéraux-vitamines ? Les CMV sous forme de sachets unitaires journaliers, comme le PAM en distribue parfois, seraient faciles à intégrer au prochain PUM

Cycle 6 Urgence Malnutrition. Synthèse des données

Les Poids, Taille et Périmètre Brachial par âge en Z-scores sont classés selon les « Normes OMS de croissance de l’enfant »
Pour mieux visualiser les enfants en dessous de -3Z, nous avons ajouté deux couleurs, le rouge foncé et le noir.

Tableau 4. Synthèse des données.
Les enfants sont classés selon leur âge.

télécharger le rapport

Programme Urgence Malnutrition

Bilan du cycle 6 - 28/09/2021 (à télécharger)

Siège de l'association :
Mme Sylvie ROUFFE
Présidente de Laabo Biiga
6, rue des d'André
34120 Pézenas - France

 

Téléphone : 04-67-90-39-15
(+33) 6 61 45 89 53
Mail : laabobiiga@outlook.fr
site : www.laabobiiga.wordpress.com

Représentaion au Burkina-Faso :
Mme Justine SAWADOGO
Responsable du maquis-bébés
CSPS qzxcteur 27, Wayalghin
Ouagadougou BURKINA FASO
téléphone : (00 226) 70 26 45 97

Responsable scolarités
M. Sylvestre KABORE
téléphone : (00 226) 70 94 55 88

Sommaire :

  • I. Erratum : chiffres du cycle 5

  • II. Rappel u protocole du cycle 6

  • III. résultats du cycle 6

    • 1. Un changement de public pris en charge
    • 2. Les chiffres du cycle 6
    • 3. Comparaison avec le cycle 5 et bilan sur l'huile de palme
  • IV. Annexes : tableaus détaillés des résultats (poids, taille et périmètre brachial)

I. Erratum : chiffres du cycle 5

Errare humanum est : une petite erreur de comptage s'est glissée dans nos tableuax du cycle 5 !

Voici les vrais chiffres :

Les résultats sont les suivants en fin de cycle :

- 41 étaient hors de danger (soit 91%)
- Deux seulement sont encore en phase de stabilisation (4,5%)
- Un enfant est resté MAS et non MAM comme indiqué dans le bilan du 30/01/2021

Une erreur qui ne change en rien le caractère très positif de ces résultats !

II. Rappel du protocole du cycles 6 : UM+ et huile de palme

A partir du cycle 5, il a été décidé d'améliorer la prise en charge, sur les conseils du Dr François Laurent de BAMISA. Il a en effet attiré notre attention sur le fait que nous recevions de plus en plus d'enfants en état de malnutrition aigüe très sévère.

le nouveau programme rénové ("UM+")

  • - Phase 1 : 3 repas par jour, pendant 3 mois (12 sachets par mois, soit 36 sachets)
  • - Phase 2 : 2 repas par jour, pendant 2 mois (8 sachets par mois, soit 16 sachets)
  • - Phase 3 : 1 repas par jour, pendant 1 mois (4 sachets pourun mois)

Soit 56 sachets par enfant, c'est à dire 2520 sachets à produire au maquis bébés pour les 45 enfants pris en charge lors du cycle 5.

De plus, à partir du cycle 6, les familles ont reçu, en plus des sachets de farine, des bouteilles d(huile de palme rouge, afin d'apporter aux enfants des nutriments supplémentaires nécessaires pour accélérer leur développememnt et rattraper leur retard sur les courbes de poids et taille.

Ce programme renforcé vise à :

1) renforcer les effets positifs de notre programme en termes de croissance, de prise de poids et de developpememnt de l'enfant.

2) améliorer les effets à long terme du programme et éviter les risques de retour à la malnutrition. C'était en effet l'une de nos principales interrogations : que se passe-t-il à la fin du cycle de suivi, pour l'enfant ? Les parents parviennent-ils à lui assurer une alimentation suffisante et équilibrée lui permettant de poursuivre sa croissance ? Comment éviter que l'arrêt du programme marque l'arrêt du progrès et un lent retour à la malnutrition ? Nous voulions donc nous assurer une continuité à long terme des retombées de notre programme.

Cette amélioration du programme, dont les effets sont nets sur le cycle 5, augmente considérablement les couûts. Elle n'aurait pas été possible financièrement pour notre association, sans le partenariat avec l'association MANEGA qui nous a fait un don de 800€ pour le cycle 5, et de la même somme pour le cycle 6. Nous remersions chaleureusement MANEGA et ses membres, au des familles burkinabés, de nos volontaires Elise et Rakiéta, de notre responsable au Burkina Faso Justine Saxwadogo, et au nom de tous les membres et parrains de notre association. Merci pour cet élan de solidarité qui nous permet de renforcer nos efforts au service des plus démunis !

III. Résultats du cycle 6

1. Un changement de public pris en charge.

Premier constat : avons accueilli des enfants beaucoup plus jeunes que d'ordinaire. Sur les 45 enfants retenus pour bénéficier du programme, 8 d'entre eux avaient moins de 6 mois (annexe : enfants n°3, 9 , 13, 35, 38, 39). La sélection a été opérée, comme nous le faisons depuis le début, par Mme Sawadogo, responsable du maquis, à qui nous accordons toute notre confiance depuis la fondation du maquis-bébés. Ses compétences et son expérience dans la lutte contre la malnutrition nous ont touours convaincu de lui laisser carte blanche dans la sélection des enfants à prendre en charge.

Cependant, le maquis-bébés ne prend en charge les enfants qu'à partir de 6 mois révolus, la bouillie n'étant pas un aliment adapté à l'alimentation ds nourrissons. Dans ce cadre, il a été décidé de donner aux mères des nourrissons malnutris les sachets du programme UM, jusqu'à ce que l'enfant passe le cap des 6 mois et qu'il puisse consommer directement la bouillie. En effet, la corrélation entre l'état de malnutrition de la mère et la santé de l'enfant dans tous les cas que nous avons traité : bien souvent, les mères n'avaient pas (ou peu) de lait maternel pour nourrir leur bébé, étant elles-mêmes atteintes de malnutrition assez avancée. La consommation de bouillies Bamisa, en plus de leur alimentation habituelle, a permis d'améliorer leur état de santé et celui de l'enfant.

Cet état de fait explique que certaines mesures n'ont pas été relevées sur les enfants n°3, 9, 13, 35, 36, 37, 38, 39. Leur poids , taille et périmètre brachial a commencé à être mesuré lorqu'ils ont atteint les mois et sont entrés dans le programme.

Deuxième constat : les enfants pris en charge sont toujours en extrêmement mauvaise santé, avec beaucoup de cas de maladies ou de malnutrition très sévère. Sur les 45 enfants du programme, 13 (soit presque 1/3) avaient un périmètre brachial strictement inférieur à 11. Dix enfants parmi eux avaient un PB inférieur ou égal à 10,5. L'enfant n° 21 avait même un PB de 9,5 en début de programme : en 3 ans de programme UM, nous n'avions vu ça qu'une fois, sur une enfant en très mauvaise santé en urgence vitale. Sur le cycle 5, nous avions également 13 enfants au PB inférieur à 11. Sur le cycle 4, ils étaient 19.

2. Les chiffres du cycle 6.

 

Nous constatons que, sur les 45 enfants pris en charge,

- 22 sont hors de danger à la fin du programme (48,9% d'entre eux)

- 15 sont sortis du MAM et en phase de stabilisation (33,3%)

- Aucun n'est enore en MAM ou en MAS

- il n'y a eu aucun décès parmi les enfants pris en charge.

 

 

3. Comparaison avec le cycle 5 et bilan sur l'huile de palme.

pour rappel, les résultats du cycle 5 étaient les suivants :

En fin de cycle 5 :

- 45 étaient hors de danger (soit 91%)

- Deux seulement sont encore en phase de stabilisation (4,5%)

- Un enfant est resté MAS (problème de santé)

Le comparatif entre le cycle 5 et le cycle 6 laisse apparaitre un net recul des résultats.

Même si l'on ne prend pas en compte lesenfants dont nous n'avons pas de mesure, les chiffres demeurent clairement en recul pour le cycle 6.

Il est difficile de donner une explication claire de ce recul. Avons-nous eu affaire à des cas plus complexes, à des corps plus malades ? La présence d'enfants très jeunes, seulement pris en charge au bout de quelques mois, fausse-t-elles les chiffres ? Nous nous avancerons seulement à dire la chose suivante : nous travaillons avec des humains, et ces humains sont différents d'un cycle à l'autre.

Nous sommes tout de même heureux de constater que 82% des enfants ne sont plus en situation de malnutrition aigüe. C'est toujours une belle victoire, qui, rappelons-le, améliore leur chance de survie. Même si nous espérions faire mieux, gardoppns en tête que notre intervention a sans doute joué un rôle majeur dans le développement de ces enfants et a peut-être sauvé des vies. Nos statistiques ne sont rien à côté de la réalité vécue par ces familles.

Il n'en reste pas moins une question : étant donné les résultats de ce programme, est-il souhaitable de poursuivre l'expérimentation de l'huile de palme rouge ? Rappelons que cet ajout constitue un surcout important pour le programme, et les chiffres constatés ne montrent pas d'amélioration globale de prises de poids et de taille. Cette question est à trancher rapidement en vue de l'organisation des prochains cycles.

IV. Annexes : tableaux détaillés des résultats du cycle 6

Bilan du cycle 6 - 28/09/2021 (à télécharger)

Programme « Urgence Malnutrition »,
Cycle 5, Juillet - Décembre 2020
Association Laabo Biiga,
CSPS du secteur 21, Ouagadougou,

Le projet BAMiSA n’a pas pour objectif la prise en charge des enfants MAS. Si l’association Laabo Biiga a mis en œuvre ce Programme Urgence Malnutrition (PUM), c’est que ‘’la prise en charge des enfants MAS de ce quartier ne pouvait se faire autrement’’.

A partir des relevés anthropométriques de Mme Justine Sawadogo, coordinatrice du PUM à Ouaga, l’Association Laabo Biiga a rédigé un « Bilan de l’année 2020 (cycles 4 et 5) du Programme Urgence Malnutrition ». L’association de Promotion du Projet BAMiSA, (APPB) en propose, ici, une relecture.

Déroulement du cycle 5 
L’association Laabo Biiga a organisé, au deuxième semestre 2020, un cinquième cycle de prise en charge des enfants sévèrement malnutris (MAS) sans complication, du quartier Wayalghin de Ouagadougou. 45 enfants ont été pris en charge.
Cette prise en charge est organisée dans le local de l’association, situé dans la cour du CSPS du secteur 21. Les enfants sont tous suivi en externe.

Ce programme Urgence Malnutrition complète les activités de Maquis Bébé organisées également par cette association. La farine BAMiSA utilisée pour ce Programme est produite sur place.


Fresque du local abritant les activités du Programme Urgence Malnutrition, CSPS 21 OUAGA

Photo extraite du Rapport IRD-GRET-UNICEF-IRAM  « La filière des farines infantiles produites localement dans 6 pays sahéliens Burkina Faso Mali Mauritanie Niger Sénégal Tchad » Enquête réalisée de juillet 2019 à janvier 2020.

Les enfants dont le PB était inférieur à 11,5 cm (Zone rouge du bracelet) ont bénéficié de Bouillies Concentrées Liquéfiées (BCL) BAMiSA préparées à domicile selon la ‘’Recette 1+2+3’’ : 1 volume de farine  + 2 volumes d’eau + 3 pincées de malt :

Le protocole de prise en charge des enfants a été le suivant :

  • Phase 1 : 3 bouillies/jour, pendant 3 mois (12 sachets BAMiSA/mois, soit 36 sachets)
  • Phase 2 : 2 bouillies/jour, pendant 2 mois (8 sachets BAMiSA/mois, soit 16 sachets)
  • Phase 3 : 1 bouillie/jour, pendant 1 mois (4 sachets BAMiSA pour un mois)

Soit 56 sachets/enfant. Au total pour ce cycle 2 520 sachets ont été distribués.

Après avoir été dépistés par la mesure du Périmètre Brachial (PB), les enfants sont pesés et mesurés. Leur suivi est régulier, tous les 15 jours. Le tableau en fin de document rassemble les principales données enregistrées au CSPS lors des séances de PMI : Poids (Colonne 1), Taille (Colonne 2) et PB (Colonnes 3 et 4).

A l’occasion de ce suivi, les familles reçoivent la quantité de sachets de farine BAMiSA nécessaire pour les 15 jours suivants.
Les enfants ont été suivis pendant 182 jours, ou un peu plus longtemps (196 jours).

NB. Pour ce cycle 5, les enfants n’ont reçu ni Plumpynut, ni spiruline, comme lors des cycles précédents. Le PUM ne leur donne pas non plus de lait ni autre produit laitier.

Résultats

Dans son ‘’Bilan de l’année 2020 (cycles 4 et 5) du Programme Urgence Malnutrition’’, l’association Laabo Biiga montre, à partir du code couleur du bracelet, que : « A la fin du cycle 5, presque tous les enfants (91%) sont dans la zone bleue (« hors de danger », avec un PB > 13,5) ». Un enfant a été perdu de vu et aucun enfant n’est décédé.


Courbe établie selon le code couleur des bracelets PB figurant dans le « Bilan de l’année 2020 »  
de l’association Laabo Biiga au sujet du cycle 5

Relecture APPB

Le tableau en fin de document reprend les données enregistrées selon les Z-score Poids/ âge, Taille/âge, et PB/âge ainsi que la prise de poids par Kg et par jour.

Le PB apparait selon deux codes couleur: Celui donné par le bracelet (colonne 4) et celui établi en fonction de l’âge soit en ZS (colonne 3). Les résultats ne sont pas identiques car le PB normal augmente avec l’âge. Le code couleur du bracelet ne tient pas compte de cette augmentation.

Examinés selon d’autres critères anthropométriques, les résultats de ce cycle 5 sont donc moins spectaculaires. La prise de poids, calculée en grammes/Kg/jour, est insuffisante.

En comparaison, les résultats du cycle 3 étaient meilleurs pour ce qui est de la prise de poids par Kg et par jour, bien que le protocole de prise en charge de ces enfants ait été moins généreux en farine : 3 sachets/semaine les 2 premiers mois, puis 2 sachets/semaine les 3ème et 4ème mois et 1sachet/semaine les deux derniers mois, soit 48 sachets de farine au total. Par contre, les enfants du cycle 3 avaient bénéficié de Plumpynut (en quantité inconnue), et de spiruline à raison d’environ 2 g par jour.

Comme les enfants recrutés pour le cycle 5 étaient moins gravement malnutris que ceux du cycle 3, ils ont atteint, presque tous, un PB supérieur à 13,5.

Aspect financier

L’association Laabo Biiga est très sensible au fait que le PUM puisse être mis en œuvre malgré les faibles ressources économiques des familles. Le financement du PUM fait appel à des donateurs qui prennent en charge un ou plusieurs enfants MAS. Une autre association (Manéga) apporte aussi une contribution ce qui a permis à Laabi Biiga de prendre en charge d’avantage d’enfants. Le coût de ce PUM se résume à l’achat de farine, tout le reste étant assuré bénévolement par l’équipe locale, en particulier Mme Justine Sawadogo. Ce coût a donc été, par enfant, de 36 400 F (56 sachets x 650 F), soit 55,5 €.

Conclusion

L’APPB collabore avec l’association Laabo Biiga afin de permettre à cette prise en charge d’être la plus efficace possible en restant basée sur l’utilisation de produits locaux. Dans cette optique, Comme la prise de poids n’est pas encore optimale pour tous les enfants, l’APPB a demandé que l’apport énergétique soit renforcé par l’ajout d’une cuillerée à soupe d’huile de palme rouge à chaque bouillie. C’est ainsi que le cycle 6 est engagé selon le même protocole que le cycle 5 mais avec apport d’huile.
La légitimation de ce PUM est possible dans la mesure où il constitue une bonne réponse à la MAS dans le milieu où il est mis en œuvre, en tenant compte des coûts et de sa faisabilité.

Dr François LAURENT,
APPB
76 490 RIVES EN SEINE

f.laurent76@free.fr
www.bamisagora.org

Sylvie ROUFFE
Association LAABO BiiGA
34 120 PEZENAS
vioufranck@orange.fr

Justine SAWADOGO
LAABO BiiGA
CSPS Secteur 21
sawadogjoseph@yahoo.fr

Tableau des résultats du cycle 5

télécharger le rapport



24/27 février 2021

RAPPORT DE LA FORMATION DES FORMATEURS SUR LA PRODUCTION
DU « MALT POUR LA BOUILLIE »

  

La formation s’est tenue à SELIBABY, MAURITANIE
du 24 au 27 février 2021  

  • Introduction :

Dans le cadre du lancement du projet pilote intitulé Autonomisation des femmes dans le cadre de la lutte contre la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans, une formation de formateurs a eu lieu sur la préparation de bouillies concentrées et liquéfiées sans les diluer, grâce au procédé du ‘’Malt riche en amylases’’ ou "Malt pour la bouillie".

Cette formation a été faite au profit de deux unions de coopératives féminines au niveau de Selibaby. Ces deux unions regroupent au total à 216 coopératives dont 167 pour l’UCFG et 49 pour l’UCDG.

La formation a été conduite par l’ONG ACSADE avec la participation de la DRAS du Guidimakha, le CS de la Moughataa de Selibaby, l’ONG Actions et l’association main dans la main.
ACF a été invitée mais n’a pas répondu présent, ce que nous regrettons.

  • Objectif général :

Préparation de bouillies concentrées et liquéfiées (BCL) grâce au procédé du Malt riche en amylases afin de prévenir et de lutter contre la malnutrition en milieu communautaire dans le but de rendre les femmes autonomes en matière de nutrition infantile par l’utilisation de ressources agricoles locales et de technologies traditionnelles améliorées.

  • Résultats attendus :

A la fin de la formation, les 15 participant(e)s seront capables de connaitre les procédures de fabrication du Malt à partir d’une céréale locale et de préparer des bouillies concentrées et liquéfiées grâce à ce Malt.

  • Contenu de la formation : 

La formation s’est déroulée sous forme théorique avec des images à l’appui et sous forme pratique en suivant toutes les étapes de la production.
Les étapes de la préparation sont au nombre de 6 :
1° Préparer les graines,
2° Faire germer les graines,
3° Sécher les graines germées,
4° Moudre et tamiser,
5° Tester le pouvoir de liquéfaction du malt
6° Conditionner et conserver le malt.

Des explications claires ont été données durant 4 jours dans les langues locales qui sont le Soninké, le Poular et le Hassaniya sur comment préparer du ‘’Malt riche en amylases’’ ou "Malt pour la bouillie".

  • Déroulement de la formation :
    • Premier jour de formation :

La formation a commencé par un tour de table où tous les participants se sont présentés et ont fait une brève description des activités de leur coopérative : Plusieurs aspects dont l’agriculture (maraichage), élevage (poulet de chair), conservation des produits alimentaires, transformation des déchets plastiques, sensibilisation sur la santé, entre autres. 
La formation a commencé par une discussion sur les causes de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans. Plusieurs questions ont été posées aux femmes comme :

  • Décrire l’alimentation du nourrisson (6 à 24 mois), du jeune enfant (25 à 59 mois), des femmes enceintes et des femmes allaitantes ?
  • Décrire la composition des aliments et leurs importances ?
  • Décrire la constitution des aliments et leurs importances ?

De réponses données par les femmes, on peut citer en résumé :

  • Les enfants sont nourris jusqu’à ce qu’ils se rassasient pendant chaque repas, mais la malnutrition est toujours là malgré la disponibilité des denrées céréalières comme le maïs, mil, sorgho, riz,
  • Les enfants sont généralement nourris exclusivement au sein entre 2 à 4 mois. On introduit des aliments constitués de bouillies sans vitamines car on n’a pas de légumes,
  • A part les plats familiaux, les femmes enceintes et femmes allaitantes n’ont aucun autre apport nutritionnel qui leur permettent de se nourrir de façon adéquate afin d’éviter d’avoir des enfants à faible poids ou malnutris,
  • Les aliments que nous consommons sont essentiellement composés de riz, viande, poisson, mil, mais,

Des discussions très poussées ont permis aux participants surtout les femmes représentantes des coopératives de mieux comprendre quelques aspects liés à la nutrition et à la façon de nourrir les enfants et les femmes enceintes et allaitantes.

RAPPELS :
· Allaitement maternel exclusif : 08 à 12 tétées par jour, 20 à 30 mn par tétée. Soit 02 à 06 h de temps par jour.
· Alimentation complémentaire pour les + de 6 mois :

  • 6 à 9 mois : 03 repas par jour plus les tétées,
  • 12 mois : 03 repas plus une collation plus les tétées,
  • 12 à 24 mois : 03 repas plus deux collations plus les tétées

· Alimentation de la femme enceinte : 03 repas et une collation par jour
· Alimentation de la femme allaitante : 03 repas et deux collations par jour

Ensuite, il y a eu une présentation théorique des 6 étapes de la préparation du malt avec un appui en images du Petit Guide Illustré sur la préparation du malt (Document 04a du site www.bamisagora.org de l’APPB).

1° Préparer les graines :
Cette phase s’est faite en 3 parties qui sont :

  • Choisir de belles graines vivantes, de sorgho, de maïs, de riz paddy ou de petit mil :

Toutes ces variétés de céréales peuvent être utilisées pour préparer du malt. Il est important de choisir des graines bien conservées de la céréale choisie, si possible de la dernière récolte, de façon à ce qu’elles puissent toutes germer.
Il a été recommandé dans cette phase d’essayer différentes céréales et de choisir celle qui vous permet de préparer le malt le plus liquéfiant.

  • La quantité de graines à mettre à germer : Elle est fonction de la quantité de farine prévue.
  • Vanner, tamiser – calibrer, laver, trier les graines : Un calibrage avec un tamis adapté, permet de ne garder que les plus grosses graines. Lors du lavage, ne garder que les bonnes graines "lourdes", mûres et grosses qui pourront germer.

2° Faire germer les graines :

  • Réhydrater les graines : Le trempage dans un peu d’eau permet de faire gonfler les graines (de les réhydrater) et de les ‘’réveiller’’. Selon les graines, le trempage peut nécessiter plusieurs heures. Changer l’eau de trempage et utiliser de l’eau potable légèrement javellisée.

Il leur a été expliqué que les graines ont besoin d’air pour vivre et germer et qu’un trempage trop long risque de les asphyxier et de les faire fermenter.

NB : Pour que la germination puisse se faire pendant la formation, nous avons commencé cette phase à la veille de la formation, c’est-à-dire le 23 février 2021.

  • Maintenir les graines humides en les trempant ou en les arrosant régulièrement pendants 2 à 5 jours. Entretenir la germination jusqu'à ce que le germe soit bien visible.

Il leur a été conseillé de couvrir les graines, les placer à l’ombre, à l’abri des courants d'air, du froid ou d’une forte chaleur.

3° Sécher les graines germées :
Bien sécher les graines germées au soleil et les trier pour ne garder que les graines qui sont bien germées.
Le malt qui sèche peut attirer les mouches. Couvrir alors avec un linge ou une moustiquaire.
Pour ne prélever que les graines germées, utiliser une fourchette et secouer un peu.
Les graines non germées ne seront pas utilisées.
Attention : Par temps très humide, il est possible de finir le séchage en chauffant très faiblement les graines germées, "la main dans la marmite" !

4° Moudre et tamiser :

  • Moudre finement :        

On peut moudre le malt avec le moulin à mil ou avec le moulin dit « à Pâte d’arachide » ou à la pierre.
Attention : Eviter que les petites quantités de farine de céréales germées ne se trouvent dispersées dans une autre mouture.

  • Tamiser pour éliminer les débris et les enveloppes

Tamiser avec un tamis à mailles fines.

5° Tester le pouvoir de liquéfaction du malt :
Préparer une bouillie selon la « Recette « 1 + 2 + 3 »   
La bouillie "sans malt" est la même bouillie liquéfiée "avec du malt"   

6° Conditionner et conserver le malt :

  • Conditionnement :

Observer le petit sachet de malt au-dessus de la farine.
Mettre le malt dans des petits sachets hermétiques, faciles à ouvrir et à fermer.

  • Conserver au sec :

Le malt qui n’est pas conditionné peut être conservé en pot. Le malt bien sec et bien conservé au sec garde son pouvoir amylasique plusieurs mois. Il peut être utilisé pour préparer des BCL avec n’importe quelles farines.

Après l’exposé théorique, nous avons choisi le maïs, le petit mil et le gros mil pour expérimenter. Nous avons ainsi mis la première et deuxième étape en pratique en choisissant de belles graines vivantes pour chaque céréale.

-

Pour chaque céréale nous avons pris 2 Kg afin d’obtenir une quantité de Malt pouvant être partagée aux bénéficiaires, afin qu’ils puissent faire la démonstration de la bouillie concentrée et liquéfiée. Chacune de leur côté, nous avons vannées, tamisées – calibrées, lavées, triées les graines. Avec le lavage, nous n’avons gardé que les plus grosses graines ("lourdes", mûres et grosses).
Nous avons fait ensuite le trempage dans un peu d’eau javellisé pour faire gonfler les graines (les réhydrater) et les ‘’réveiller’’.

    1. 5.2 Deuxième jour de formation :

Le deuxième jour de la formation a permis de couvrir les graines, les placer à l’ombre, à l’abri des courants d'air, du froid ou d’une forte chaleur après le trempage de près de 5 h. les sacs ont été mis dans un endroit propre et en sécurité.

  

Une personne a été désignée pour maintenir les graines humides en les trempant ou en les arrosant régulièrement pendant les 2 à 5 jours afin d’entretenir la germination jusqu'à ce que le germe soit bien visible.

    1. 5.3 Troisième jour de formation :

La formation du troisième jour était consacrée au séchage des graines germées au soleil et leurs triages pour ne garder que les graines qui sont bien germées. Pour protéger le malt des mouches, nous avons couvert avec du linge propre et transparent.

  

  

Chaque céréale est séchée à part.

Après séchage, les graines ont été finement pilées au moulin puis passées au tamisage avec un tamis à mailles fines.

  

    1. 5.4. Quatrième jour de formation :

A la dernière journée de formation, nous avons préparé une bouillie concentrée et fait le test pour la liquéfaction de la bouillie.
Le restant du malt a été mis dans des sachets pour conservation et distribution aux bénéficiaires.

    

  

Préparation d’une bouillie concentrée pour la démonstration

La bouillie est préparée à partir du gros mil. Elle a été faite avec une petite quantité d’eau et une quantité permettant à la fin de la cuisson d’être une pâte de bouillie concentrée et non liquide.

    

Premier test fait avec le malt fait à partir du maïs.

La liquéfaction a été faite par le malt de mais sur une pâte de mil.

    

Deuxième test fait avec le malt fait à partir du mil.

La liquéfaction a été faite par le malt de mil sur une pâte de mil.

  

Les enfants et leurs mamans ont gouté

Conclusion :
En quatre jours, les présidentes des coopératives femmes des deux grandes unions des coopératives du Guidimakha ont été formées en présence de la DRAS, ONG Actions et l’association main dans la main.
Toutes les étapes ont été vues et les participant(e)s ont compris, pratiqué et consommé.

Les femmes ont gouté les bouillies, liquéfiées par le malt de maïs et le malt de mil. Elles ont trouvé cette recette très utile qui répond à leur problème de pouvoir nourrir aussi bien les femmes enceintes, femmes allaitantes et les enfants quantitativement et qualitativement.

Témoignage : La présidente de l’UCDG a dit avoir trouvé la solution à son problème :

En effet, elle dit que dans sa famille, c’est le « fondé », une bouillie avec des petites boulettes de mil ou maïs, qui est servi au petit déjeuner. Les membres de la famille qui déjeunent tôt le matin, arrivent à le boire facilement car il est liquide mais après quelques heures, il devient concentré et difficile à avaler. Ils ont l’habitude de le diluer avec de l’eau avant de le manger, ce qui change le gout et diminue la quantité nutritive. Avec le malt, la liquéfaction est devenue simple.

Les présidentes des coopératives ont toutes approuvé cette nouvelle pratique et ont promis de faire la promotion du malt au sein de leur union dans les jours à venir.

ONG ACSADE va aussi prendre contact avec les mères des enfants malnutris du centre de santé de Selibaby pour leur expliquer l’utilité de la BAMiSA et leur distribuer le malt.
Dès la semaine qui a suivi cette formation de formateurs, l’UCFG formait ses membres.

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UCFG : Union des Coopératives Féminines du Guiidmakha avec 167 coopératives féminines,
Les présentes pour la formation sont : Hassinatou Ba, Moussokro Traoé, Djeba Souleymane Camara, Fati Ifra Dia, Assa Traoré, Koriyé Bouchkar et Vatimetou Mohamed.

UCDG : Union des Coopératives pour le Développement du Guiidmakha avec 49 coopératives, 
Les présentes pour la formation sont : Fati Camara, Fatimata Sidi Sow, Maimouna Tijane Ba, Rabia Mohamed Konaté, Zeinabou Mahmoud, 

DRAS : Direction Régionale de l’Action Sociale. 
Saidou Amar Ba responsable des soins de santé primaires

CS : Centre de santé.
Diarra Diakhité responsable nutrition

ONG Actions : Une ONG nationale qui œuvre dans le domaine de la malnutrition modérée.
Cheikhna Mangassouba et Sy Boubacar

AEMS : Association Espoir de Selibaby, Main dans la main
Yelly Fofana et Kadia Diaw

ACF : Action Contre la Faim

APPB : Association de Promotion du Projet BAMiSA
76 490 RIVES EN SEINE, FRANCE www.bamisagora.org
00 33 6.51 27 76 15    f.laurent76@free.fr

Rédaction : Mr Mamadou Mangassouba
SELIBABY, le 06/03/2021

Mr Mamadou Mangassouba,
Président, ONG ACSADE
SELIBABY, MAURITANIE
+ 00 222 33 08 70 98
ongacsade@gmail.com

télécharger le rapport :   

 



05 juillet 2020

Photos reçues de Mme Simone Soubeiga, Unité de Production Artisanale de farines infantiles du Gourma, FADA N’GOURMA, BURKINA FASO, misolafada@yahoo.fr

Le dimanche 5 juillet 2020 a eu lieu la séance d’ouverture du Maquis pour Bébés (MBB) dans le village de POTIAMANGA, à quelques KM de FADA N’GOURMA.

                              
Jumeaux et autres enfants qui attendent l’ouverture du MBB


Installation du MBB

 


Un volume d’eau est mis à bouillir

             

             

Un volume de farine est mélangé avec un volume d’eau


Ce mélange farine + eau est versé dans le volume d’eau qui bout,
soit la « Recette 1+2 », 1 volume de farine pour 2 volumes d’eau.

                    
Cuisson pendant quelques minutes de la bouillie.


La marmite est sortie du feu.
Grâce au malt qui a été préalablement mélangé à la farine, la bouillie ne devient pas très épaisse.

La distribution peut commencer :

et être suivie de la dégustation.


Les pères semblent apprécier aussi !

Mme Simone Soubeiga, responsable de l’UPA de farine infantile de FADA N’GOURMA, s’est rendue à Potiamanga avec Josiane, animatrice qui travaille à l’Unité de Production Artisanale.
A la sortie de la messe dominicale, Simone a invité les familles à venir au MBB. Les hommes ont été également sensibilisés. Cette séance de MBB a rassemblé 48 enfants.
La bouillie a été faite avec de la farine BAMiSA dans laquelle du malt avait été préalablement mélangé (à raison de 1/2 assiettée pour 25 Kg de farine). Il n’y a donc pas eu de démonstration de liquéfaction. Sur les photos la bouillie apparait de consistance onctueuse, suffisamment liquéfiée pour être mangée facilement par les jeunes enfants.

La prochaine séance de MBB aura lieu dans un mois. En attendant, 20 sachets de farine ont été laissés. Puis le réapprovisionnement se fera en venant chercher des sachets de farine à Fada.

Lors de cette prochaine séance, une démonstration de liquéfaction de la bouillie épaisse avec du malt ou avec le lait de la maman sera organisée. L’objectif des MBB est en effet pédagogique et doit permettre aux familles d’apprendre à préparer elles-mêmes des Bouillies Concentrées Liquéfiées (BCL) selon la « Recette 1+2+3 », 1 volume de farine pour 2 volumes d’eau et 3 pincée de malt, afin que ces familles puissent nourrir correctement leurs enfants à partir des ressources locales.
 
Ce MBB est financé par l’association MANEGA, www.manega.org

 


19 juin 2020

Photos reçu de Sr Joséphine DOUMASSE N, NGONG, CAMEROUN.
Centre de Formation de la Femme de NGONG, jdoumasson@gmail.com

« La fabrication de Bamisa avec les élèves du
Centre de Formation Professionnel des jeunes de Ngong ».


Grillage du mil, du soja et des arachides

      
Dépelliculage des arachides grillées                                                            Tri des arachides

 

      
Concassage du soja avec moulin à main                                                          Vannage du soja


Le mélange est moulu par le gros moulin à meules du quartier.
La préparation du malt est également enseignée

                           
Ensachage, pesée et fermeture des sachets 500g de farine.


Les sachets terminés

 

Au cours de l’année scolaire, la farine est préparée par les apprenantes du Centre de Formation de la Femme de NGONG. Un des objectifs est de permettre à ces jeunes filles et ou jeunes mères qui ont entre 15 et 25 ans de mieux nourrir leurs enfants. Pendant les vacances, c’est Sœur Joséphine et quelques autres personnes qui produisent la farine pour répondre aux besoins.

L’activité de production est organisée comme une AGR au profit du Centre de Formation. La farine est vendue 500 F les 500g dans les structures de santé privées. Dans les structures publiques, la distribution gratuite de Plumpynut est un obstacle à la vente de farine. Une partie de la farine est aussi destinée aux adultes VIH+, comme à l’hôpital de Garoua.

Cette activité Bamisa est soutenue par l’association française ‘’Action Solidaire’’ qui contribue au fonctionnement du Centre de formation.

actions.solidaire@gmail.com,   http://actions.solidaires.over-blog.com/


08 mai 2020

Photos reçues de Mme Anne Marie MAKOLLO, Mbalmayo, CAMEROUN.
Association Progrès Plus, progresplus_2005@yahoo.fr

 « Nous sommes à l’hôpital de District de Mbalmayo pour la Journée de Vaccination.
Le thème de la causerie éducative : ‘’Liquéfaction des BCL’’
 ».


Les familles venues pour la vaccination et à qui Mme Makollo
explique la liquéfaction des bouillies épaisses

            
Les gobelets sont remplis de bouillie liquéfiée.

          
Puis sont distribués.

 

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