Thèse médecine, de Charles ZEIDA,

soutenue le 21 février 2012, Ouagadougou

bamisa

10d 2012

22 janvier 2019


Analyse des donnés de la Thèse de Charles ZEIDA,
reprises sous formes de graphiques évolutifs,
suivie de quelques commentaires.

Par le Dr François LAURENT, Caudebec en Caux, le 29-01-2013

 

Cette thèse compare 30 enfants ayant bénéficié de bouillies BAMiSA (Groupe BAMiSA) et 30 enfants n’ayant pas bénéficié de bouillies (Groupe TEMOIN).

1° Evolution du nombre d’enfants malnutris (Z sore P/T < -2 ) au cours de l’étude.

L’évaluation de l’état nutritionnel a été fait à l’admission, à la sortie de l’hôpital avec stomie, et lors de la remise en continuité.
23 enfants sur 30 étaient malnutris dans le groupe  BAMiSA
20 enfants sur 30 étaient malnutris dans le groupe TEMOIN

 

Le nombre d’enfants malnutris, ayant bénéficié de bouillie Bamisa, passe
de 23 enfants à 15 enfants.

Le nombre d’enfants malnutris, n’ayant pas bénéficié de bouillie, passe de 20 enfants à 18 enfants.

2° Evolution du nombre d’enfants ayant une hypoprotidémie (<60g/l)  au cours de l’étude.

La mesure de la protidémie a été faite à l’admission et lors de la remise en continuité.
19 enfants sur 24 étaient en hypoprotidémie dans le groupe BAMiSA
14 enfants sur 19 étaient en hypoprotidémie dans le groupe TEMOIN

 

Le nombre d’enfants en hypoprotidémie, ayant bénéficié de bouillie Bamisa, passe de 19 enfants à 8 enfants.

Le nombre d’enfants en hypoprotidémie, n’ayant pas bénéficié de bouillie ne change pas et  reste à 14 enfants.

3° Evolution du nombre d’enfants ayant une anémie (Hb<12g/dl) au cours de l’étude.

La mesure du taux d’hémoglobine a été faite à l’admission et lors de la remise en continuité.
28 enfants sur 30 étaient anémiés dans le groupe BAMiSA
25 enfants sur 30 étaient anémiés dans le groupe TEMOIN

 

Le nombre d’enfants anémiés (Hb<12g/dl), ayant bénéficié de bouillie Bamisa, passe de 28 enfants à 17 enfants.

Le nombre d’enfants anémiés (Hb<12g/dl), n’ayant pas bénéficié de bouillie, passe de
25 enfants à 23 enfants.

 


Le travail du Dr Charles ZEIDA est bien mené. Son étude est contributive pour le Projet BAMiSA. Qu’il en soit remercié ainsi que tout ceux qui ont contribué à cette thèse et qu’il me permette les quelques observations qui suivent.

Nous espérons que ce travail permettra, comme Charles ZEIDA le dit au chapitre « Suggestions » que « l’évaluation nutritionnelle des enfants hospitalisés soit systématiquement incluse dans la démarche diagnostique » et qu’une « supplémentation alimentaire soit instaurée de façon systématique ».

Pour ces raisons, nous proposons la poursuite, en 2013, de l’appui nutritionnel en bouillies BAMISA des enfants de moins de 5 ans hospitalisés au CHUP CDG.

 

Problématique particulière de la thèse 

Les enfants ayant bénéficié de bouillies BAMiSA dans le cadre de cette thèse ont une moyenne d’âge de 9 ans. Ils ne sont pas dans la tranche d’âge la plus concernée par la bouillie BAMiSA. En effet les indications de la Bouillie BAMiSA concernent : « Les enfants à partir de six mois, en complément de l’allaitement maternel » (1) et «  Dès quatre mois, en complément de l’alimentation lactée de l’enfant orphelin ou si déficit irréversible en lait maternel » (1) , ainsi que les enfants « En relais de la phase I du traitement de la malnutrition sévère, c’est à dire après utilisation des mélanges Lait-Huile-Sucre selon les formules F75 puis F100 ou d’aliments thérapeutiques prêt à l’emploi ATPE (ou RUTF ») (1). Les enfants de 9 ans entrent dans la catégorie des « enfants plus grands, en prévention ou en traitement de la malnutrition modérée » (1) l’état de dénutrition aigue de ces enfants étant secondaire à une pathologie infectieuse sévère.

Comme le dit Charles Zeida, « L’originalité de la bouillie Bamisa réside en l’incorporation d’amylase (malt de céréales germées) à la bouillie permettant sa liquéfaction, facilitant ainsi la consommation » [page 6 ]. Or, en dehors des cas où la prise alimentaire est difficile, la liquéfaction des bouillies ne s’impose pas à l’âge des enfants de l’étude. Ils n’ont pas à priori de déficit salivaire amylasique les privant de la digestion de l’amidon comme c’est le cas des jeunes enfants.

On comprend alors que la présentation de Bamisa sous forme de bouillie liquéfiée n’ait pas été toujours appréciée des enfants. La variabilité de 1 à 4 de prise journalière de bouillie « de 100 à 400 ml de bouillie deux fois par jour, soit 200 à 800 ml par jour » ( page 37) limite la force de l’étude.

Le souhait de l’auteur  serait de « mettre au point des compléments alimentaires à base de produits locaux mieux adaptés en milieu chirurgical pédiatrique » [page 78].

A propos des items « Etat nutritionnel, hémoglobine, albuminémie »

A chaque étape de l’étude, l’analyse des groupes « témoins » et « cas » ne montre pas de différences significatives, sauf pour la protidémie.

Je propose, ci-dessous (2),  la reprise des donnés sous formes de graphiques évolutifs Ces graphiques montrent un croisement des groupes « cas » par les groupes « témoins » pour les item malnutrition, anémie, et hypoalbuminémie. Les « cas », plus nombreux que les « témoins » au début de l’étude pour ces trois items deviennent moins nombreux en fin d’étude. Cette évolution plus favorable pour les « cas » est-elle significative ? Je ne suis pas en mesure de le dire.

A propos des items de temps

L’item «  Durée d’hospitalisation » est  définie comme le temps entre l’iléostomie et la sortie du service avec iléostomie fonctionnelle). A J 21, les 2/3 des enfants sont sortis dans les deux groupes et il n’y a pas de différence entre les deux groupes.

          Pour l’item  «  Délai entre l’iléostomie de décharge et le rétablissement de continuité », à la fin de l’étude, à J 28, seul 1/3 des effectifs a été remis en continuité dans les deux groupes.
Que se passe-t-il au delà des 28 j pour les 2/3 des enfants, la majorité, qui n’ont pas encore été remis en continuité ?  Il n’est donc pas possible de se prononcer pour cet item.
La poursuite de l’observation jusqu’à ce que 2/3, au moins des enfants, soit remis en continuité aurait permis de se prononcer.

 

Quelques remarques sur la rédaction.

Page 8 Apports Protéiques

Les apports protéiques recommandés en fonction de l’âge sont donnés en annexe 2. Si ma lecture est bonne, les valeurs données en II.2 sont celles permettant l’accrétion protéique, (gains protéiques) et non celles des apports protéiques

Page 19

Le Protocole National de prise en charge de la malnutrition n’est pas référencé. C’est un document important qu’il aurait été intéressant de citer, en particulier en ce qui concerne la partie mode de reconstitution des bouillies et valeur énergétique des bouillies.

Page 20

Le tableau donne les valeurs énergétiques de différentes farines dites « enrichies ». Le terme farine enrichie mériterait une définition. En effet, ce terme recouvre en fait diverses catégories.  Les farines « enrichies » ou « fortifiées » par l’adjonction de vitamines ou minéraux, les farines « composées » qui sont des mélanges de céréales et de légumineuses, les farines « lactées », les farines « maltées » qui contiennent en partie ou en totalité des céréales germés,  les farines « amylasées » qui contiennent de l’amylase industrielle.
La farine BAMiSA entre dans la catégorie des farines composées et des bouillies BAMiSA dans la catégorie des bouillies secondairement amylasées.

Page 38

Il aurait été utile, je pense, de reproduire ici ou en annexe, le diagramme donnant le protocole de l’étude.

Page 39

Quelles ont été les quantités de farine données à la sortie ? Comment ont-elles été consommées ?

 Page 69

Dernier paragraphe, au chapitre « Discussions »
Le mot « bouillie » a été utilisé au lieu de « farine » en début de phrase : Au lieu de « Ces bouillies traditionnelles » il faut lire« Ces farines traditionnelles  ont des teneurs en protéine faibles, 7,0 à 8,9g /100g». La suite de la phrase  concerne bien  la densité énergétique des bouillies traditionnelles qui est faible (36- 54 Kcal /100g). ! 
A la phrase suivante, il faut lire, je pense,  «  la valeur énergétique des farines varie entre 380 et 425 » et non  «  la valeur énergétique des farines varie entre 80 et 425 ».
Ces « coquilles » rappellent que les termes bouillies et farines sont très souvent utilisés l’un pour l’autre ! Or, l’enfant ne mange pas de la farine, il mange de la bouillie et c’est la qualité de cette bouillie qui doit être prise en compte avant celle de la farine, comme le rappelle par ailleurs la thèse.

 

(1) Cf. document 3.b site bamisagora : La farine et la bouillie Bamisa, Fiches techniques
(2) Reprise des donnés sous formes de graphiques évolutifs

 

 

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